dimanche 1 septembre 2024

Une TDS svp !

 Et une TDS, une. 

Ca sera la dernière.

C'est Cham quoi, le temple, la capitale, the place to be fin août. Pensais pas y être un jour. Mais cette année, y avait le semi marathon, les fractionnés, la fréquence cardiaque et le marathon alors autant se taper la grande messe du trail pour finir. 

Prépa ok sans plus, pas de course de préparation, pas de sortie trop longue (max 3h 1500+ en trail) mais 5 jours de bonne randonnée technique fin juillet avec 10-12h de marche par jour. Et comme j'ai couru sur route jusqu'à avril, j'ai beaucoup plus de km dans les jambes que d'habitude, ça peut servir pour la TDS que j'imagine assez roulante (j'ai raison jusqu'à Beaufort).

La CB bien vidée par toutes les dépenses d'orga, on arrive aux Houches dimanche, retrait des dossards lundi matin, beau temps mais pas canicule, parfait. 

Sieste, pâtes, café, train, bus, Courmayeur : 22h30. Départ de la course 23h50, on se pose sur un banc, puis dans le sas et on attend, longuet avec une musique de plus en plus forte et j'ai mal au bide depuis 1h. Trop de pâte ?  trop de café ? stress ? Affaire à suivre.

3,2,1 go, ça court, trotte, dans la cité et mon ventre coince en courant donc je régule sur les 2 ou 3km plat avant de rejoindre une piste qui monte autour des 15%. En montée, le bide se gère. Il y a alors un premier pointage et même un ravitaillement :

6,6km 800d+ Checrouit Maison-Veille 822ème Mardi 1h05, 1:15:46 - 5,2 km/h

Aucune idée du classement sur le moment, et je ne regarde quasiment pas la montre. Il y a la cohue pour faire le plein d'eau mais je complète tout de même une de mes flasques, on ne sait jamais.

Ca continue de monter jusqu'à l'arête du Mont Favre au 11eme km et 2e pointage

11,1km 1278d+ Arête du Mont-Favre 737ème Mardi 2h02, 2:12:05 - 4,7km/h

A part sur le ravitaillement précédent, je ne vois pas où j'ai pu gagner des places car on est à la queue leu leu constamment, mais pas de bouchon donc ce n'est pas trop chiant. 

Derrière l'arête ça redescend un peu et je ne rigole pas du tout car les chocs en descente martyrise mon estomac et alentour, je passe mon temps à remonter ou redescendre la ceinture de mon short car j'ai l'impression qu'elle m'est trop serrée et je cherche un endroit où elle appuie moins. J'ai essayé de manger une compote décat' mais ai recraché illico. Heureusement, j'ai une flasque de 750ml de boisson Maurten, qui passe bien et contient 80gr de glucides. Comme le calcul de la quantité de glucides à l'heure d'effort est à la mode et que je suis conformiste, je me mets à calculer :

....Alors j'ai 4 recharges de 80gr plus celle du départ = 400gr de glucides... si je bois la flasque en 2h et que j'arrive au ravito et que y a de la boisson iso, peut être que je peux en tester ? Jusqu'à Beaufort où j'ai d'autres recharges, si il est 18h... Je divise 400 par 18 ça fait déjà... bon selon Bachet-Bézout je suis dans la merde, mieux vaut ne pas y penser...

Puis les glucides c'est joli mais ça n'enlèvera pas la douleur et je remercie les traceurs de vite nous faire remonter jusqu'au col Chavannes après le ravitaillement du lac Combal :

14,9km 1299d+ Lac Combal 729ème Mardi 2h34, 2:43:55 - 7,2km/h 

Encore la cohue sur ce ravitaillement, je refais le plein d'une flasque de boisson Maurten, et je regarde si un truc salé pourrait faire du bien quand même. Bof bof mais je me force.

On repart vers Chavannes, je n'ai aucun souvenir de la montée mais je redoute la descente.

 19,4km 1925d+ Col Chavannes 728ème Mardi 3h46, 3:56:15 - 3,7km/h

2592m. La descente est raide sur quelques centaines de mètres puis ça déroule sur une piste pendant un long moment. Impossible de relâcher la foulée, je me sens contracté et c'est long. J'espérais que la douleur se dissipe mais elle semble s'amplifier. J'envisage d'abandonner, probablement au col du Petit Saint Bernard ou à Bourg Saint Maurice, le moral est à zéro. Je m'en veux de ne pas avoir sur moi de médicaments pour soulager les douleurs...tant pis.

Vers le km 27 on quitte la piste sur la droite, petit sentier un peu plus raide toujours en descente pour passer sous les 1800m, avant de remonter assez doucement jusqu'au Lac Verney qu'on devine sur notre gauche car les toutes premières lueurs du jour éclaircissent l'atmosphère. On contourne le lac et un dernier coup de cul sur un sentier étroit nous amène au ravitaillement de la Thuile, juste avant le col du petit Saint-Bernard à presque 2200m d'altitude :

34,8km 2489d+ Col du Petit Saint-Bernard 647ème Mardi 6h06, 6:16:14 - 6,6km/h

Comment ai-je pu gagner autant de place sur cette portion, c'est un miracle, sans doute au ravitaillement de la Thuile où j'ai simplement complété mes flasques d'eau et pris un morceau de barre Naak. Mais ce qui m'importe, c'est que mes douleurs abdominales ont disparu  ! 

Gros ouf de soulagement, j'entame la descente facile vers Beaufort, 15k et 1400m plus bas, quel bonheur de courir sans avoir mal ! Les jambes sont parfaites, les pieds aussi, je redécouvre les joies de la course. D'abord 4km de piste facile puis un sentier un peu plus raide où l'on peut tout de même dérouler, je double beaucoup de monde, on se tire la bourre quelques kilomètres avec un Suédois qui a l'impression d'être sur une descente à skis, il filera devant un peu avant Séez. Des coureurs doublés pensent qu'on paiera notre descente trop rapide en fin de course, ils ont peut-être raison mais j'ai le sentiment d'être relâché et ne pas fatiguer les quadris. 

Bref, on arrive à Séez où je prends un coca au petit ravitaillement liquide. C'est pas du coca ! Une sorte de cola de chez Sodastream, très peu de sensation sucrée ou gazeuse...pas fou. Et pas de St-Yorre non plus, quel drame !

46,3km 2521D+ Séez 506ème Mardi 7h17, 7:27:37 - 9,6km/h

Reste 3km quasiment plat jusqu'à Beaufort, je trottine tout le long, c'est long 3km de plat d'ailleurs.

49,8km 2565D+ Bourg Saint-Maurice Entrée 500ème Mardi 7h39, 7:48:59 - 9,9km/h

Qu'est-ce que je mange ? Pastèque, soupe brûlante avec des pâtes, Saucisson. Je remplis mes flasques, je range ma frontale, sors les lunettes de soleil, contrôle du sac (Tél, Veste Imper et couverture de survie pour moi). Et c'est reparti. 

49,8km 2565D+ Bourg Saint-Maurice Entrée 464ème Mardi 7h58, 8:08:01

18 min de pause, c'est pas de la transition de triathlète mais ça ira. Le prochain ravitaillement est 15km plus loin avec 2000D+, au Cormet de Roselend, je crois que c'est donc sur cette portion que j'ai rempli ma flasque supplémentaire de 500ml avec la Naak gout melon d'eau ? A moins que ça soit au Cormet ? 

Bref, il y a une section où j'ai testé cette boisson avec son goût original peu prononcé ce qui est une bonne chose.  Pour info j'ai 2 flasques de 750ml et une troisième de 500ml en "secours" dans la ceinture, que j'aurai rempli sur 2 sections mais c'était inutile car il y avait quelques points d'eau supplémentaires.

Au sortir de BSM, ça monte fort jusqu'au fort de la Platte, autour de 20% sur 5km. C'est parti et j'ai des sensations de rêve, je regarde ma vitesse ascensionnelle qui reste facilement autour de 800D+ sans aucun effort et je double des tripotés de coureurs. On croise ici les premiers concurrents sur le bas côté qui prennent des petites pauses. Je rattrape un Kikou lorsqu'on a quitté la forêt : Yves94 et sa casquette du Grand Raid. Puis j'arrive au fort de la Platte où des marchands malins vendent des boissons fraiches (on est nombreux à ne pas résister au Coca ou à l'orangina à 5€...).  


54,4km 3675D+ Fort de la Platte 422ème Mardi 9h32, 9:41 - 2,9km/h

Ca monte moins raide désormais, il y a des portions de piste jusqu'au col de Forclaz. Et une redescente par le lac Esola, une petite partie technique et la remontée au passeur de Pralognan sur 250D+ à 2567m.

C'est ici que je commence à ressentir de la fatigue, fallait bien que ça arrive...

60,5km 4418D+ Passeur de Pralognan 393ème Mardi 11h02, 11:12 - 4km/h

Descente technique à la queue leu leu sur 400m de d- où je ne cherche pas à doubler et l'on, rejoint la piste plate avant le Cormet de Roselend sur 2km interminable où affluent promeneurs et supporters. 

64,7km 4472D+ Cormet de Roselend 373ème Mardi 11h46, 11:56 - 5,8km/h

Livetrail m'indique 17min de repos ici, c'est vrai que j'ai un peu trainé. Je me suis notamment renoké les pieds, car je sentais un début d'échauffement, mais en enlevant les chaussettes, c'est beaucoup plus l'odeur que l'état des pieds qui m'a choqué. Sinon soupe avec pâtes pour changer, et réserves de bananes. La portion suivante est facile sur le papier pour rejoindre la Gittaz 7km plus loin. Et c'est le cas sur le terrain également, la montée jusqu'au col de la Sauce n'a rien de difficile (2307m), tout comme la redescente vers le torrent de la Gittaz, le chemin du curé et enfin le refuge de la Gittaz (1650m) où un ravitaillement liquide sous tente nous attend. 

72,3km 4857D+ La Gittaz 351ème Mardi 13h25, 13;35 - 5,5km/h 

Ce n'est qu'un ravitaillement liquide et je reprends une petite soupe car il y a presque 20km jusqu'à Beaufort. En sortie de tente, un coureur anglais s'assoit, sort un paquet de clopes et s'en allume une petite. Sans doute avait-il de la bière dans son camel-back. 

Pour ma part, j'achète un Orangina au refuge car je le mérite. Que ça fait du bien surtout que la montée suivante jusqu'au col de la Gittaz est longuette avec beaucoup de piste où j'adopte un rythme de marcheur nordique fatigué. En bout de piste, après 500m de dénivelé environ, un pointage :

75,4km 5355D+ Entre deux Nants 320ème Mardi 14h27, 14:37 - 3km/h

Nous sommes à 2100m d'altitude et le col à atteindre est à 2400m, c'est à peine plus raide que la piste, avec pas mal de lacets. Au col on est un petit groupe de 4 ou 5, ça trottine dans la redescente facile derrière le col, je me sens las mais je me force à suivre le rythme du groupe jusqu'au vrai col de la Gittaz. Derrière ce col, à moins que ce ne soit derrière le suivant (col du Sallestet), je lâche le groupe au détour d'une descente un peu plus technique. On passe le lac noir où un randonneur à installer un bivouac qui donne envie et des petites descentes et montées très usantes s'enchaînent jusqu'au Pas d'Outray. 

82,7km 5791D+ Pas d'Outray 303ème Mardi 15h58, 16:08 - 4,8km/h

Les quelques bénévoles présents ici me proposent de l'eau, mais j'ai largement de quoi tenir pour l'énorme descente (1400D-) jusqu'à la base vie de Beaufort. La descente commence techniquement, pas trop possible de doubler et je ne prends pas de risque, d'ailleurs je ne me sens pas super bien en début de descente. Je rattrape le Youtube Royal Bâtard et on parle de stratégie dodo, il a l'air sympa ! Je me sens bien  mieux lorsque l'on foule des chemins forestiers moins caillouteux. Les fontaines ou ruisseaux traversés sont presque tous l'occasion de se rafraichir. Je trempe même les pieds entiers chaussures comprises, me nettoie les jambes, le visage et les bras peu avant la base vie car je compte m'y changer complétement. 

Elle fut longue cette descente, Beaufort sonne comme une délivrance.

91km 5866D+ Beaufort Entrée 270ème Mardi 17h15 17:25 - 6,5km/h

Bien remplie, la base vie. Je trouve une place et entreprend de me changer entièrement, me renoker, recharger le sac en nourriture (principalement en sachet de poudre iso car les compotes, gels et autres pâtes de fruit ne passent pas trop bien) manger des crozets (mais pas méga faim) et tenter une sieste sur les tapis en plein milieu de la salle trop bruyante (pas dormi et 20min perdues) mais heureusement, j'avais ma bouteille d'Orangina de 50 cl que je m'enfile d'un trait.

91km 5866D+ Beaufort Sortie 295ème Mardi 18h27, 18:37  

Pas très content d'avoir passer autant de temps pour ne même pas dormir, en plus j'ai perdu des places pour la première fois de la course. En revanche, en sortant de Beaufort, dans mes beaux habits propres et mes Hoka Mafate (j'avais les Speedgoat jusqu'alors), je me sens revigoré. J'estime alors que la fin de course devrait très bien se passer. Hauteluce arrive après quelques chemins inintéressants, de la route et de l'ennui. Seul bénéfice, 6km et 500D+ de moins à avaler.

97,3km 6396D+ Hauteluce 282ème Mardi 19h36, 19:46 - 5,4km/h

Ai-je bu de la soupe à Hauteluce ? Mystère, mais j'en repars avec 2litres d'eau. Il y a encore un peu de route en sortie de ravitaillement, puis on entre dans la forêt et ça va monter jusqu'au barrage de la Girotte. On est un petit groupe mené par Pierrick et Pierrick. Je prépare ma frontale, Pierrick semble avoir un coup de moins bien, Pierrick l'attend et lui dis de manger, je file et c'est là que je me dis que ça va être long. Très long. Cette portion a été un calvaire jusqu'au Signal. Ca commence par un petit 4km de sentier "facile" mais à 20% pour bien puiser dans nos réserves. Vers 1900m d'altitude ça se calme, on a l'impression d'avoir fini la montée. Mais un coup de cul très désagréable vient rompre l'espoir. On a l'impression de zigzaguer au hasard, de montée et descendre au gré des envies sadiques des traceurs.

Il y a un pointage vers le lac de la Girotte, je me souviens vaguement l'avoir passé, à vrai dire j'étais plutôt désabusé à ce moment, tout comme plusieurs coureurs autour de moi avec qui les échanges ressemblaient à : "c'est le truc brillant là-bas tu crois le Signal ?" "Non, je crois qu'il reste encore ....km" "Oh putain on dirait que ça remonte là-bas regarde les frontales" "Mais pourquoi on va dans ce sens ?" "c'est une blague ce chemin !" 

107,4km 7495D+ Barrage de la Girotte 250ème Mardi 22h06, 22:15 - 4,1km/h 

La petite consolation égoïste, c'est qu'on aperçoit également les frontales des coureurs qui descendent du col de la Gittaz -donc vers le kilomètre 80- et se dirigent vers Beaufort, on est bien content alors d'être à notre place !

Il arrive un moment où la boucherie se termine et une piste caillouteuse la remplace. Ca ne me réjouit même pas tellement j'en ai ras la frontale de tout. Le Signal arrive, je vais sans doute y finir mes jours et puis voilà.

114,2km 7824D+ Remontée le Signal 220ème Mardi 23h36 - 23:46 - 4,5km/h

Suis étonné du nombre de places gagnées depuis Hauteluce (où personne n'était au ravitaillement). J'ai plutôt eu l'impression de me faire doubler mais c'est vrai qu'énormément de coureurs faisaient des pauses, voire tentaient des siestes sur le chemin. De mon côté, je ne me suis pas arrêté une seule seconde sur le chemin de toute la course (si ce n'est 3 pipis) ce qui est un exploit pour moi.

Mais retournons au Signal, désabusé j'y arrivais vous disais-je. C'est un restaurant d'altitude. Il y fait bon et calme. J'aperçois des lits de camps et des couvertures. Je bois ma soupe. Marion m'appelle, elle devait venir aux Contamines où j'espérais dormir. Mais changement de plan, elle n'y viendra pas et je vais tenter le dodo ici. Je m'allonge, remonte la couverture, cale bien ma tête et PUTAIN ILS FOUTENT LA MUSIQUE !!!! Mais je sens le sommeil arriver tout de même, un coup d'oeil au téléphone, il est 23h55 (je ne mets pas de réveil, si je dors 15h tant mieux !), je m'en dors le plus rapidement de ma vie. Un bruit de verre me réveille, il est 23h15. Je grelotte mais me sens tellement reposé. Allez hop on se casse après avoir grignotté quelques merdouilles. Je vole dans la descente des Contamines, ça ne se voit pas au classement car je suis tout de même resté 55minutes au Signal. D'après ma trace GPS, j'ai volé à 8km/h jusqu'aux Contamines, on est pas sur du Rafale je l'admets ...

Sinon la descente c'est assez raide sur 3km puis très facile voire plat sur les 4 derniers.

121km 7832D+ Les Contamines 235ème Mercredi 1h24, 25:34 - 4,1km/h 

Je crains que ces bonnes sensations ne finissent pas s'estomper donc je ne traine pas au ravitaillement, et file vers la montée du Tricot. La première partie jusqu'au Chalets du truc se passe globalement bien car ce n'est pas très raide, puis après une petite redescente ça se corse jusqu'en haut. Plus beaucoup de batterie dans le bonhomme, et c'est très fatigué que j'atteins le Tricot. Moralement par contre, ça va très bien, car ça sent très fort la fin.

129km 9026D+ Col de Tricot 214ème Mercredi 3h46, 27:56 - 3,1km/h

La descente me revigore un peu, sauf que je ne m'attendais pas à ça. Personne ne s'y attendait. On passe des 2100m du col à 1400m, avec des passages très merdeux sur de la caillasse humide, avant de remonter à 1800m pour atteindre Bellevue, qui marque enfin la fin des difficultés !

135,7km 9443D+ Bellevue 193ème Mercredi 5h15, 29:25 - 4,5km/h

Que de la descente jusqu'aux Houches ce qui n'est pas pour me déplaire. mais on est quand même pas loin des 20% de pente donc ce n'est pas de tout repos. Les derniers km sur la route n'en terminent pas...

140,3km 9447D+ Les Houches 193ème Mercredi 5h59, 30:09 - 6,5km/h

Plus que 8km, Marion m'appelle, elle est aux Houches mais je viens de partir, je garde un rythme de trot régulier, j'arrive à courir dans les petits faux plats montants, sauf qu'il y en a plus que ce que j'imaginais et je dois parfois marcher. C'et long 8km parfois. A l'approche de Chamonix, plusieurs joggers me félicitent, je savoure en souffrant, un dernier passage piéton à traverser, des barrières et l'arche.

148,4km 9556D+ Chamonix 188ème Mercredi 6h57, 31:07:32 - 7,9km/h

dimanche 12 mai 2024

GR 400 de l'Ascension 2024

Avant

 Au sortir d'un hiver sportif mais sans randonnée, le célèbre pont de l'Ascension se prêtait parfaitement à une première balade printanière.  Assez vite le GR400 m'a attiré par ces multiples avantages : départ accessible en train facilement depuis l'ile de France, juste assez long pour m'occuper 3-4 jours, juste assez montagneux pour offrir de beaux paysages et un peu de technicité (du moins d'après ce que j'en ai vu et entendu). Bref, je réserve le train au mois de mars et il ne reste déjà que peu de possibilités horaires : j'arrive à Murat -apparemment départ et arrivée "classique" du GR- le mercredi 8 mai vers 20h30 et j'en repart le samedi 11 mai à 17h30. 

Mon étude du tracé s'est borné à une recherche sur VisuGPX, puis une découpe grossière en 4 parties prévisionnelles en partant par le sud et repérant des zones possibles de bivouac :

- Mercredi soir : environ 5km jusqu'à l)a tombée de la nuit pour planter la tente près d'une carrière avant le col de la Molède.

- Jeudi : une cinquantaine de km pour arriver près du refuge de Cabrespine.

- Vendredi : encore une cinquantaine de km pour bivouaquer sous le puy Mary entre le col de Serre et le col d'Eylac

- Samedi : environ 25 k pour revenir à Murat avant 17h.

Ca fait 2 grosses journées jeudi et vendredi mais au vu de la trace, je me dis qu'il y a facilement moyen de raccourcir selon mes humeurs, ma forme ou autre et que j'aviserai en chemin.

A l'approche du 8 mai, je scrute régulièrement la météo qui reste plutôt calamiteuse dans le secteur. Mais miracle, le beau temps semble de retour pour mes 4 jours de randonnées, avec une dernière pluie le mardi 7 et son retour le dimanche, ce quoi se confirmera. Les températures remontent également et ne devraient pas descendre sous les 5 degrés la nuit. C'est-y pas beau tout ça ?

On prépare le sac, avec 3 nouveautés pour moi cette année : un matelas plus large car j'en avais marre d'être réveillé par la sensation de tomber pendant la nuit (+110gr ouch), une mini pompe électrique pour le nouveau matelas qui du coup est bien plus long à gonfler que l'ancien (+40g aïe), une nouvelle lampe frontale qui partagera la batterie de la pompe (-10g). 

La liste est ici et le sac contient suffisamment de nourriture pour ne pas avoir à me ravitailler en chemin jusqu'au samedi après-midi.

Pendant

J0 Arrivé sans encombre à Murat à l'heure prévue, je trouve très vite les premières traces du GR qui part vers le sud, direction le hameau de Bredons et l'église Saint-Pierre en rénovation par une petite montée sur un sentier boueux. S'en suit 3km faciles pour croiser une petite route avant une bonne montée sous la forêt. Je me force à aller assez vite pour trouver où dormir avant la tombée de la nuit et je transpire beaucoup dans l'effort. Un peu avant 21h30, je trouve juste assez de plat au bord du chemin pour m'y installer, parfait.


J1 J'ouvre les yeux vers 6h10 après une nuit très bof, entrecoupée de 50 réveils, d'un peu de froid malgré les chaussettes, pantalon, t-shirt manche longue, coupe-vent, bonnet. Le temps de me motiver à sortir du quilt, de m'habiller, de démonter le bordel et ranger à peu près correctement le sac, il est 7h quand je lève définitivement le camp. J'ai eu la flemme de me faire un café, un snickers suffira. La journée commence tranquillement avec 12km faciles sur des chemins/pistes larges. Au col de la Molède quelques tentes et fourgons finissent leurs nuits, et à celui de Prat de Bouc, sous le plomb du Cantal, où j'arrive à l'ouverture du bar-restaurant, je me fais servir un café, une part généreuse de Pachade aux myrtilles et une tablette de chocolat aux amandes, de 300gr, tellement superflue. Comme son prix.

S'en suit 3,5km et environ 500m de D+ pour atteindre le sommet du plomb du Cantal, la vue n'y est pas dégueulasse puisqu'on toise une mer de nuage à l'est et l'on peut admirer la crête qu'il faudra suivre ensuite au sud-ouest.





Le début de la descente, sur la crête extrêmement venteuse, est agréable. C'est minéral et technique, la vue est magnifique, mais c'est assez court. 


On pense en effet rapidement d'une crête tranchante à un plateau bedonnant, sur un chemin large peu caillouteux propice à dérouler la foulée. Les randonneurs, exclusivement en sens opposé, commencent à affluer gentiment. 


  A proximité du buron de la Tullière, le chemin bifurque à droite et devient plus raide, je me retrouve très vite en sous bois pour 7km de descente vers Thiézac. C'est là que l'on traverse la porte au Lion, arche improbable au milieu du chemin :
On arrive assez vite à Thiézac, son camping, sa superette, son bar et ses deux tables de pique-nique en sortie de village, dont une m'accueillera pour le déjeuner.  Après 30km parcourus, une pause aération des pieds est bienvenue, surtout que le vent est bien tombé, laissant place à une chaleur lourde dont je n'ai pas encore l'habitude cette année. 
Je repars sur un chemin de croix montant jusqu'à la chapelle Notre Dame de Consolation, puis la grotte des Ermites.

Ca continue de monter assez raide sur 200D+ environ, pour rejoindre une petite route que l'on suit sur presque 2km avant de retrouver le sentier montant toujours jusqu'au puy de la Poche. Comme je reste sur le GR400, je "rate" le petit sommet l'Elancèze, mais tant pis, il est temps de redescendre, longuement vers le col du Pertus, puis Mandailles. En descendant on voit bien les crêtes qu'il faudra traverser le lendemain ou surlendemain via notamment la brèche de Roland. Mais sur le moment j'ai un peu de mal à m'imaginer le chemin restant et je n'ai vraiment pas le tracé en tête.



Le village de Mandailles est très animé mais je ne m'y attarde pas. Je file, vers St-Julien-de-Jordanne d'abord, puis le refuge de Cabrespine ou du moins ces alentours pour trouver un lieu de bivouac. De St-Julien-de-Jordanne à Cabrespine, il y a environ 400m de dénivelé sur 8km, ce n'est pas difficile mais ça m'a paru interminable car le chemin tournicote sans cesse dans la forêt et fait un détour monstrueux. 
Lorsqu'on quitte la forêt vers 1300m, on aperçoit le parking bien rempli du col de l'Egal, et on rejoint vite une piste fréquentée par beaucoup de promeneurs, familles, chiens, qui ont l'air de faire l'aller-retour entre le parking et les petites falaises de Cabrespine. 
A ce moment là j'en ai marre et je me dis que le premier terrain plat un peu à l'écart du chemin me conviendra pour la nuit, mais il n'y a rien d'intéressant avant le petit col sous le refuge. Quelques tentes occupent déjà les meilleurs coins. Je tergiverse un peu et finis par trouver un coin satisfaisant en contrebas vers le nord du col, avec un petit ruisseau pas loin et une vue pas dégueu. 
Il est à peine plus de 18h, mais avec 53km et presque 2700+ sur ma montre, j'ai eu ma dose pour la journée. 
Donc montage de la tente, trempage des pieds, petite toilette et repas dès 19h pour profiter d'un long coucher de soleil avant une nuit frisquette, comme d'habitude entrecoupée de multiples réveils. 





J2 J'essaie d'être plus efficace ce matin pour le décampage. Le résultat est mitigé mais je démarre quand même à 7h18 et direction plein est avec le soleil dans la tronche. On grimpe tout de suite, la progression est bien lente jusqu'au puy Chavaroche à 1739m mais l'ambiance du matin et la beauté des paysages aident bien.


Au col de Redondet, on peut bifurquer à l'Est vers le Puy Mary tout proche, mais ma trace me fait continuer sur la crête. Après le roc d'Hozières, le GR descend vers l'Ouest vers le Fau mais je vois qu'un chemin qui a l'air bien sympa continue au nord en restant en hauteur. Pour la première fois je consulte un peu plus précisément la carte et je constate qu'en restant sur les crêtes, d'une il y a un chemin, et de deux on rejoint le GR sous le Puy Violent ce qui évite une descente/remontée promettant d'être rébarbative. Je n'hésite pas et continue sur la crête, le soleil brille, ça roule tout seul, la brèche d'Enfloquet est jolie, le soleil brille encore.
 En retrouvant le GR400 avant le Puy Violent , quelques randonneurs et traileurs apparaissent mais c'est pas la grande foule. On rejoint une large piste monotone qui descend doucement dans la forêt, jusqu'à rejoindre un petit parking et rejoindre un sentier plus agréable ensuite.
Finalement, j'arrive assez vite au Falgoux vers 900m d'altitude où j'ai prévu de manger avant de repartir sur les "hauteurs". Petite pause à l'ombre car il fait sacrément chaud et je traîne. Comme souvent en quittant les villages, les chemins montent sec sur quelques centaines de mètres, puis se radoucissent en approchant des crêtes et sortant de la forêt.

On aperçoit le massif du Sancy plein nord. Le GR poursuit lui au sud. Une fois encore, il quitte les crètes pour redescendre vers la civilisation, à savoir vers le bled du Claux. Mais je n'ai rien à faire au Claux, et ça fait un énorme détour pour remonter vers le Puy Mary, beaucoup plus directement accessible en restant sur les hauteurs. Je fonce donc vers le Puy Mary, plein sud, en passant par le sympathique Puy de la Tourte, assez fréquenté en ce milieu d'après-midi. 
Au Pas de Peyrol, où le sentier croise la route, il y a un parking, un bar restaurant et plein de monde. Je dois patienter 15 minutes pour avoir une part de Pachade. Le temps de la dégustation je consulte la carte : j'avais prévu de camper non loin, un peu plus bas vers le buron d'Eylac voire le col de Serre mais je les ai évités en raccourcissant, et il est beaucoup trop tôt pour m'arrêter. D'après la carte, le col de Cabre ou de Rombière, à 4 ou 5km du Pas de Peyrol pourraient se prêter au bivouac, je décide donc d'en faire ma nouvelle destination du jour. Seul hic, il va falloir passer un Puy Mary bondé (de monde), alors que j'avais prévu de le monter tranquillement au réveil. 
Il n'est pas loin de 17h, je prends mon courage à deux mains, et je commence à grimper/zigzaguer les marches jusqu'au sommet. 

Je ne m'y attarde pas, de l'autre côté, la descente est beaucoup plus calme et le sentier magnifique.

J'arrive vite à la brèche de Roland, les premières tentes sont en train d'être montées sur les quelques spots intéressants. Avant le col de Cabre, quelques ruisseaux permettent de faire le plein d'eau au maximum en prévision du bivouac, j'en profite pour rincer mon tee-shirt. 
Arrivé au col de Cabre donc, il y a quelques tentes, et une groupe qui semble chercher l'emplacement idéal. Ca fait trop de monde à mon goût, je continue et c'est après le col de Rombière, au sommet des pistes de ski du Lioran, que je trouverai mon plaisir. 42km et 2200d+ pour cette journée, où j'ai avancé beaucoup moins vite, et avec des pauses bien plus longues que la veille.


J3 La nuit fut calme, moins fraiche que les précédentes, et comme je ne suis pas du tout pressé, je décide d'attendre que le soleil tape la tente pour sortir du duvet. Résultat, je lève le camp à 8h25, de nouveau sans petit déjeuner. Je rejoins le GR où il y a pas mal de monde dont beaucoup de traileurs qui font des boucles depuis le Lioran, via le Bec de l'Aigle et le téton de Vénus. 




Au bout de 5km, après un passage à gué, un grand panneau à une intersection indique le GR descendant vers le village de Laveissière, il y a des informations sur le panneau mais je n'y prête pas attention. Je consulte ma trace GPS qui a l'air de me faire rester sur les crêtes, ça file direct vers Murat. Je continue donc sur le chemin indiqué par ma trace. 700m plus loin, je tombe sur des panneaux sens interdits...

Propriété privée, chasse en cour, faites demi tour blablabla... Zut, j'hésite mais je rebrousse tout de même chemin, et sur le panneau à l'intersection précédente, je lis que le GR a été détourné pour éviter des propriétés privées. Faudra faire avec.
Le retour à Murat s'en trouve un peu moins agréable, excepté une petite cascade. Je perds les marques du GR à Laveissière et décide le retrouver après le Meynial, en coupant par un PR et un peu de route. 

Finalement, c'est après 17km, vers midi, que j'atteins Murat, ce qui me laisse le temps de déjeuner tranquillement et faire une petite toilette avant de reprendre un train à 14h, 3h plus tôt que celui réservé. 


APRES
Ravi